Avec l’extension récente de ses zones administratives, la ville dispose désormais d’un réseau d’environ 180 lignes de bus intra-urbaines et interrégional, avec plus de 2.400 véhicules, dont près de la moitié sont des bus électriques récents. La gratuité, actuellement envisagée pour environ 135 lignes intra-urbaines, viendra compléter les politiques existantes, déjà favorables à certaines catégories comme les personnes âgées, les enfants, anciens combattants ou personnes en situation de handicap, comme l’a fait savoir Trân Luu Quang, le secrétaire du Comité du Parti de la ville.
«La gratuité des bus intra-urbains s’inscrit dans les priorités de la ville, notamment la réduction de la pollution et des embouteillages. Plutôt que d’interdire les véhicules individuels, nous privilégions des solutions économiques pour inciter les habitants à changer leurs habitudes», a-t-il indiqué.
Dans cette perspective, la municipalité prévoit d’investir environ 7000 milliards de dôngs pour soutenir ce dispositif et poursuivre la modernisation du réseau, notamment par l’augmentation du nombre de bus électriques. Il s’agit d’un investissement nécessaire destiné à répondre à des objectifs de long terme: réduire les embouteillages, améliorer l’environnement et la qualité de vie, tout en allégeant les coûts de déplacement des populations les plus modestes.
«En raison de la hausse du prix du carburant, la ville décide de lancer des mesures appropriées afin d’accompagner la population à mieux s’adapter à cette situation”, a ajouté Trân Luu Quang
En mars 2026, Hô-Chi-Minh-Ville comptait près de 13 millions de véhicules, dont environ 11,5 millions de motos. Cette densité exceptionnelle engendre une congestion chronique sur les grands axes tels que Công Hoa, Truong Chinh, Nguyên Huu Canh, Diên Biên Phu, l’autoroute Hanoï, la route nationale 13, Nguyên Van Linh ou encore les abords de l’aéroport de Tân Son Nhât. Au-delà des embouteillages, l’impact environnemental est considérable.
En effet, le transport routier représente jusqu’à 88% des émissions de NOx, 99% du CO, 79% du SO2, 99% du NMVOC et une part écrasante des particules fines, allant jusqu’à 88%. Dans ce contexte, la gratuité des bus apparaît comme une réponse structurelle, suscitant un accueil très positif parmi la population. Hoàng Tho, résidente du quartier de Sài Gon, témoigne:
«La gratuité des bus d’ici jusqu’à la fin de l’année est une mesure très positive. Elle réduit les coûts de transport, surtout avec la hausse des prix de l’essence. C’est aussi une incitation à privilégier les transports en commun au lieu des véhicules individuels, ce qui est bénéfique pour l’environnement et la qualité de l’air de la ville», a-t-elle salué
Pour les usagers réguliers, cette initiative pourrait transformer durablement les habitudes de déplacement. Chiara Nguyên, engagée dans des projets communautaires, explique:
«J’y vis depuis 5 ans. Je prends le bus tous les jours. La gratuité encouragera davantage de personnes à l’utiliser. J’espère que la ville continuera à améliorer la qualité du service et maintiendra cette politique sur le long terme car à mon avis, prendre le bus aidera à baisser la tension sur la circulation, réduire la pollution et améliorer notre environnement, contribuant ainsi au développement de la ville», a-t-elle partagé.
Lê Ngoc Hân, une autre habitante, partage ce point de vue:
«Je prends le bus plusieurs fois par jour. C’est un moyen de transport propre, agréable et très pratique dans le contexte actuel de la hausse du prix de l’essence. J’espère que les services continueront à s’améliorer pour attirer encore plus d’usagers», nous a-t-elle confié.
Encourager le passage des véhicules individuels aux transports collectifs, bus, métro ou autres solutions, permettra non seulement de désengorger la circulation, mais aussi de réduire les émissions polluantes, d’améliorer la qualité de vie et de contribuer aux objectifs nationaux de neutralité carbone à l’horizon 2050.
